Malheureux les peuples qui ont besoin de héros ? - Journée d'études

Responsable scientifique : Olivier Neveux, professeur, Université Lyon 2

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L'Usine

Journée d'études co-organisée avec l’Equipe d’accueil "Passages XX-XXI" (EA 4160), Département "Arts de la scène, de l’image et de l’écran", Faculté des Lettres, Sciences du Langage et Arts – Université Lumière Lyon 2

et L’École de la Comédie de Saint-Étienne – École supérieure d’art dramatique

lun. 15 juin à partir de 9 h 30




Qu’en est-il aujourd’hui de l’héroïsme au théâtre ? Peut-on encore seulement en énoncer le désir ou la quête ? Les faits, il est vrai, sont édifiants : que n’a-t-on produit comme inhibitions et comme cultes en son nom ? Assurément, il charrie avec lui nombre de légitimes préventions : trop de dieux et trop de maîtres (masculins), trop de représentations engoncées dans la morale, le catéchisme et la leçon. Tout un théâtre, sinistre, s’était donné pour tâche de convertir au courage ou à l’adoration de la vertu.

Mais à l’heure du désenchantement postmoderne et de sa dérision, l’héroïsme paraît succomber. Certains petits récits s’en font le relais : il aurait disparu, sans retour, dans les « eaux sales et glacées du calcul égoïste ». Plus d’histoire, plus d’héroïsme. Ne restent alors, parfois bien fatigués, qu’une poignée de « super-héros ». Le débat, si tant est qu’il y ait alors débat, parfaitement rodé, oppose ainsi aux béats les ricanants.

Et pourtant : l’héroïsme existe, comme l’histoire. Peut-être le terme est-il désormais obsolète, impropre à décrire certains gestes et quelques vies, trop connoté et empesé. Mais, envers et malgré tout, l’héroïsme existe, divers, et vient perturber dérisions satisfaites et déplorations complaisantes.

Qu’en est-il alors de cette présence dans le théâtre contemporain ? Est-elle visible, repérable, souhaitable ? Et que dire de son écriture et de sa représentation, des enjeux politiques et esthétiques qui s’en déduisent ? A partir d’exemples, cette journée d’études, qui réunira artistes et chercheur(e)s, entend réfléchir aux formes que prennent les héroïsmes, aujourd’hui, sur scène, aux façons d’en rire, d’en produire la critique, d’en convoquer l’historicité, de les fictionner ou de les référencer.

A la scène 13 de La Vie de Galilée de Brecht, Andréa affirme : « Malheureux le pays qui n’a pas besoin de héros », avant d’être repris, quelques répliques plus tard par Galilée : « Non. Malheureux le pays qui a besoin de héros ». Les interrogations de cette journée voudraient se situer au cœur de cet inconfort politique.

En écho à la création de Tumultes de Marion Aubert, mise en scène de Marion Guerrero, à La Comédie de Saint-Étienne – L’Usine, du 25 au 27 juin 2015 à 20 h, avec les élèves-comédien(ne)s de 3e année (promotion 26) de L’École de la Comédie.

 

 

 

9 h 30   Accueil des participant(e)s

10 h 15 Ouverture de la journée. Mot d’accueil

10 h 30 Olivier Neveux, Université Lumière Lyon 2 : « Un besoin d’admiration impossible à rassasier »

11 h      Leïla Adham, Université de Poitiers : « Le théâtre : dernier refuge des héros ? »

11 h 45 Table ronde metteur(e)s en scène : Marion Guerrero, Benoît Lambert, Kheireddine Lardjam, Arnaud Meunier

13 h 30 Déjeuner

14 h 30 Marion Aubert : « Héros foutraques et anti-héros prodigieux dans les textes de Marion Aubert où comment les plus faibles d’entre nous ont quand même une chance de s’en sortir »

15 h      Lecture d’un extrait de Tumultes par la promotion 26

15 h 45 Samuel Gallet, Université Lumière Lyon 2 : « Quoi ? L’éternité – de quelques figures héroïques croisées ces derniers temps »

16 h 15 Lorraine Wiss, Université Lumière Lyon 2 : « Héroïsme et résistance des "guérillères ordinaires" de Magali Mougel face à l’ "idéal féminin" de la société française
contemporaine »

17 h    Table ronde auteur(e)s : Marion Aubert, Céline Champinot, Samuel Gallet, Pascale Henry